lundi 7 mars 2011

Elections cantonales : baromètre en vue de 2012


Ces 20 et 27 mars se dérouleront en France les élections cantonales. Une occasion pour la population de renouveler la moitié des conseillers généraux dans tous les départements sauf Paris. Une dernière occasion devrait-on dire puisqu'à partir de 2014, les conseillers régionaux seront remplacés par des conseillers territoriaux, élus en parallèle des élections municipales.

Sur les routes de France

Les candidats ont donc jusqu'au 19 mars minuit pour convaincre la population. Ils ont pris la route ce matin, chacun de leur côté et selon leurs ambitions politiques. Car cette année, l'enjeu est de taille : 58 départements sur 100 sont de gauche, une vingtaine au total voient leur majorité vaciller depuis quelques temps. Pour les grands partis, c'est le moment de rassembler et donc de compter leurs forces avant les élections présidentielles de 2012. Le dernier moment. Ainsi, les "grands" des partis visitent la France : François Hollande sera à Lyon ce lundi (Rhône), où la majorité UMP a le vent en poupe ; Martine Aubry le suivra ce mercredi pour se rendre ensuite dans le département de la Loire. Du côté de la droite, Jean-François Coppé, secrétaire général de l'UMP, se rendra à Marseille (Bouches-du-Rhône) où la gestion socialiste est vivement critiquée non seulement par la droite mais aussi par certains de la gauche. Enfin, Marine Le Pen se rendra jeudi à un meeting du FN à Perpignan.

L'UMP à la conquête de victoires symboliques

Le parti du président de la République craint une défaite et rassemble ses espoirs dans ces dernières élections cantonales. L'UMP a en effet déja laissé quelques plumes lors des élections intermédiaires et ce, depuis 2002. A tel point que, secrètement, le parti ne se repose finalement que sur deux départements : le Val-d'Oise, où la gauche a déjà perdu toute influence, ainsi que la Seine-et-Marne, fief de Jean-François Coppé. Selon des spécialistes de la droite, une victoire dans ces deux départements compenseraient beaucoup de défaites, mettant de ce fait en avant les populations et la richesse de ces deux régions d'Ile-de-France. Au point donc de préférer une victoire symbolique à une défaite numérique?

Forte abstention au programme

On l'aura compris, l'heure est désormais à la séduction et surtout à la stratégie. Les partis font leurs premiers calculs pour se rapprocher au mieux de la victoire. Le PS espère remporter la majorité dans huit départements : Aveyron, Côte-d'Or, Jura, Loire, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Alpes, Rhône et Vienne. De son côté, la droite aura les yeux rivés sur les Pyrénées-Orientales, les Deux-Sèvres, la Somme, le Vaucluse, le Val-d'Oise et la Seine-et-Marne. Une attention toute particulière sera accordée à la Corrèze, fief de François Hollande, où l'ex-numéro UN du PS fonde son espoir le plus en vue des primaires socialistes des élections présidentielles de 2012. Bref, des projections qui ne semblent pas prendre en compte la dangereuse mais certes montée du FN, révélée par le sondage Harris de ce week-end. Si forte abstention il y a, plusieurs candidats du Front National pourraient se qualifier pour le second tour, au détriment, c'est à voir, d'une gauche divisée ou d'une droite en perte de vitesse. A gauche comme à droite, l'abstention risque donc de provoquer de nombreux chamboulements, d'autant plus que cette année, les élections cantonales ne seront pas couplées à un autre scrutin sans doute plus mobilisateur.

Marine Le Pen en tête d'un sondage


Coup de tonnerre dans la classe politique française ce week-end après la publication des résultats d'un sondage sur les élections présidentielles 2012! Marine Le Pen, actuelle présidente du FN, arrive en tête du second tour derrière Martine Aubry et Nicolas Sarkozy. Autrement dit, 23% pour la leader de la droite contre 21% pour les deux autres candidats.
Fait inquiétant...ou pas. En effet, le sondage, réalisé par l'Institut Harris, fait déjà grincer des dents. D'abord parce qu'il a été réalisé en ligne et que donc, aucune valeur scientifique ne pourrait lui être crédité. Mais surtout, et c'est peut-être là que le sondage perd toute crédibilité, la candidature de Dominique Strauss-Kahn n'a pas été laissée au choix des internautes. Étonnant donc puisque DSK, quoiqu'il ne s'est pas encore présenté comme candidat officiel, part plus que favori dans tous les autres sondages.
Les premières spéculations se font jour chez les politiques : du côté de la gauche, certains vont même jusqu'à dénoncer une mainmise du président de la république sur les résultats du sondage. Un calcul clairement identifiable chez les socialistes : faire monter le Front National pour se retrouver en tête-à-tête avec lui au second tour et disqualifier la gauche.
Du côté de l'institut Harris, on promet déjà l'organisation d'un second sondage, en ajoutant alors DSK et François Hollande. On peut d'ors et déjà imaginer que les résultats risquent d'être chamboulés. A plus d'un an des élections présidentielles, la campagne est bel et bien lancée...